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Tatiana de Rosnay : « Je prône une certaine élégance d’esprit qui se répercute sur le corps »

Romancière à succès depuis la sortie de son livre « Elle s’appelait Sarah », Tatiana de Rosnay vit et écrit à Paris. Franco-britannique, elle aime ce mélange des cultures. En tant que présidente du jury du Prix e-crire aufeminin, en partenariat avec Longchamp, elle dévoile ses sources d’inspiration, sa vision de l’élégance, et ses coups de cœur littéraires du moment.

Rencontres
10 octobre 2013
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Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Tatiana de Rosnay : Un regard émerveillé ! J’ai toujours voulu être écrivain. C’était mon rêve de petite fille. J’ai écrit mon premier livre à l’âge de dix ans, pour l’anniversaire de ma mère. Les huit premiers livres que j’ai publiés n’ont eu qu’un succès d’estime. Et puis, un jour, j’ai eu la chance que mon roman « Elle s’appelait Sarah » soit refusé par mon éditeur. J’étais absolument dévastée à l’époque ! Mais, deux ans plus tard, ce refus m’a permis de rencontrer Héloïse d’Ormesson, mon éditrice d’aujourd’hui. Elle a cru en moi ! Je vais avoir 52 ans et j’ai toujours en tête la petite fille qui rêvait d’être une romancière populaire. C’est ce que je suis devenue !

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?

C’est le sujet de mon dernier roman « A l’encre russe », paru au mois de mars. Je me suis lancée le défi de raconter, à travers mon héros Nicolas, comment l’inspiration vient aux écrivains. Je voulais essayer d’exprimer le plus concrètement possible le processus d’écriture. L’inspiration me vient toujours de scènes et événements de la vie de tous les jours, qui m’émeuvent ou qui m’intriguent.

Avez-vous un lieu privilégié pour écrire ?

Oui, j’écris dans un bureau minuscule, situé dans une chambre de bonne au huitième étage de l’immeuble dans lequel je vis. Il doit faire 6 ou 7 m² et donne sur les toits de Paris. Il n’y a ni connexion Internet, ni téléphone. C’est très important pour moi d’être déconnectée lorsque  j’écris.

Pour la 3ème année consécutive, vous êtes présidente du jury du
Prix e-crire aufeminin,  en partenariat avec Longchamp et le magazine Muze. Qu’est-ce qui vous a incité à accepter ce rôle ?

J’ai tout d’abord accepté ce rôle par amitié envers Stéphanie Janicot (ndlr : écrivain et rédactrice en chef de Muze). Et puis aussi parce que ce projet a une belle ambition : aider des gens à être publiés et à réaliser leur rêve. Je me souviens avoir moi-même participé à un concours de nouvelles quand j’avais 15 ans. Je n’ai jamais oublié la joie que j’avais ressentie en apprenant que ma nouvelle avait remporté le premier Prix !

Quelle est votre vision de la femme, de la beauté et de l’élégance ?

Je n’ai pas envie de ressembler à toutes ces dames qui pensent que pour être belle, il faut forcément tricher avec son apparence. Je suis pour une beauté naturelle, plutôt sportive. D’ailleurs, j’assume mes cheveux blancs depuis que j’ai 30 ans ! Ils sont devenus ma marque de fabrique, le symbole de mon indépendance. Je prône une certaine élégance d’esprit qui ensuite se répercute sur le corps.

En tant que franco-britannique, comment définiriez-vous l’élégance parisienne par rapport à l’élégance anglaise ?

L’esprit parisien, c’est un peu pour moi Inès de la Fressange ou Christine Orban. De grandes Parisiennes, très élégantes, avec beaucoup de classe et de distinction, et qui s’habillent merveilleusement bien. Reste que je revendique mes racines anglaises et russes. Je suis un panaché ! J’admire la France, pour sa mode et son élégance. Et l’Angleterre pour sa folie et son audace. Regardez aussi cette fascination qu’ont les Français pour Kate, William et le « royal baby » ! C’est incroyable ! L’Union Jack se porte partout aujourd’hui. J’ai d’ailleurs déniché un très joli sac sur un marché de Provence, arborant fièrement le drapeau anglais. Je suis heureuse d’être issue de ces deux cultures très différentes.

Quels sont vos coups de cœur littéraires du moment ?

Mon dernier coup de cœur est « Adèle et moi » de Julie Wolkenstein (P.O.L.) qui m’a bouleversée. C’est un magnifique livre sur une jeune femme qui retrouve un secret de famille concernant son arrière grand-mère. J’ai aussi adoré « Chronique d’hiver » de Paul Auster (Actes Sud). Un livre passionnant. Et là, je suis plongée dans un roman qui me fascine : « Moment d’un couple » de Nelly Alard (Gallimard). L’histoire d’une infidélité qui fait imploser un couple. Un sujet certes banal mais qui est traité de façon très originale. Deux autres romans m’attendent ensuite : « Plonger » de Christophe Ono-Dit-Bio (Gallimard) et le nouveau roman de mon amie Karine Tuil, « L’invention de nos vies » (Grasset).

Quelle est votre tenue préférée quand vous écrivez ?

Un jean ou un pantalon slim noir ou bleu (j’adore le bleu), des boots, et un petit pull en coton ou en cachemire s’il fait froid.

Pour la promotion de vos romans, voyagez-vous beaucoup ?

Aller rencontrer ses lecteurs est une partie très importante de la vie d’un écrivain. Cette année, pour mes livres, j’ai beaucoup voyagé en France et à l’étranger. J’ai passé la plupart de mon temps dans un avion ou un train ! Je lis alors énormément.

Qu’emmenez-vous toujours avec vous dans vos déplacements ?

Je mets mes affaires soit dans un gros sac de voyage à l’ancienne en vieux cuir, très élégant,  soit dans un sac très costaud qui résiste à tout. Sinon, l’objet que je préfère emmener avec moi, c’est mon iPad. Il me permet de télécharger les livres que j’ai envie de lire en voyage. Il contient aussi toute ma musique, mes photos, mes mails. Il me permet de rester en contact avec mes proches grâce à l’application FaceTime. Avec l’iPad, mon petit monde me suit partout où je vais.

Avez-vous un projet d’écriture en cours ?

Je suis sur un nouveau projet : une biographie. C’est une nouvelle aventure pour moi que je commence avec une toute petite pointe d’inquiétude et beaucoup de plaisir aussi.

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