Amandine Péchiodat : « Le monde appartient aux femmes qui se sentent jolies »

Co-fondatrice de My Little Paris, la  newsletter indispensable à toutes Parisiennes dignes de ce nom, avec sa sœur Fany et l’illustratrice Kanako, Amandine Péchiodat est une Parisienne d’adoption. Amoureuse de cette ville en mouvement permanent, elle nous dévoile sa vision de la femme parisienne et ses coups de cœur du moment.

Rencontres
15 mai 2013
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Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre parcours ? Vous attendiez-vous à un tel succès avec My Little Paris ?

Amandine Péchiodat : My Little Paris, c’est une aventure au succès imprévu ! Ma sœur Fany, Kanako et moi avons eu cette idée de redonner de l’émotionnel au digital, en créant une newsletter qu’on aurait plaisir à lire. Comme si elle était envoyée par une copine. Aujourd’hui, My Little Paris est devenue une marque, un véritable média. Tout en conservant sa touche artisanale (les dessins à la main de Kanako), l’obsession du bon mot et du petit détail qui font toute la différence.

Pourquoi la ville de Paris vous inspire-t-elle tant ?

Je suis originaire de Clermont-Ferrand. Paris, j’y habite depuis dix ans. Je suis donc Parisienne d’adoption. Paris m’inspire beaucoup. C’est une ville qui tourbillonne. 50 nouvelles idées poussent chaque jour dans la capitale ! La difficulté pour nous n’est donc pas de trouver des idées, mais de choisir celle qui va vraiment coller à l’humeur du moment de la Parisienne.

Voyagez-vous beaucoup ?

J’entretiens une sorte de relation passionnelle avec Paris. J’ai besoin de la quitter pour mieux la retrouver. Je voyage donc dans un pays lointain une à deux fois par an. Une bonne manière de déconnecter, de me décentrer de mon quotidien pour me recentrer sur l’essentiel, de m’inspirer, et de m’écouter penser. Cette année, je suis allée au Cambodge, l’année dernière au Brésil. Mais mon voyage le plus épanouissant est l’Inde, avec ses couleurs, ses odeurs, sa chaleur qui vous font perdre la raison et sa spiritualité qui vous font la retrouver.

Quelle est votre vision de la femme et de la beauté ?

Dernièrement, j’ai entendu cette phrase qui me paraît très juste sur la féminité : « Le monde appartient aux femmes qui se sentent jolies ». Quand on a confiance en soi, on dégage une aura qui attire les belles personnes. Cette aura, c’est ce qui caractérise la Parisienne quand on dit qu’elle a du chien.

Comment définiriez-vous justement l’élégance parisienne ?

C’est un état d’esprit. On le voit avec Inès de La Fressange, avec les blogueuses qui font l’actualité de Paris. Ce n’est pas que dans le physique. C’est aussi ce que la Parisienne dit, ce qu’elle pense, sa subtilité, son petit côté mutin, espiègle, un peu culotté. Ce style parisien, beaucoup d’étrangers nous l’envient. J’aime le fait que la Parisienne marche toujours comme si elle tournait dans un film !

Finalement, comment décririez-vous Paris ?

Paris, c’est comme une relation amoureuse. Au début, on vit une lune de miel avec la ville, on ne voit que la Tour Eiffel et son côté Amélie Poulain. Puis vient la désillusion, en particulier lorsque l’on recherche son premier appartement ! Enfin, arrive le stade de la troisième vie du Parisien. Quand il s’agit de s’y acclimater, de retrouver dans son quartier une sorte de vie provinciale avec son marché, ses petites habitudes, son café du coin, sa tribu. En ce moment, on a besoin de redonner une âme à Paris, de s’attacher par exemple davantage à l’état d’esprit d’un café qu’à ce qu’on va y voir ou y manger. J’aime aussi beaucoup les « personnages parisiens » : ce type qui vend des ananas à Montparnasse dans le métro en faisant le même show depuis des années, un chauffeur de bus qui va faire une plaisanterie pour dérider les Parisiens, un patron de bistrot qui va payer sa tournée, un crieur de rue qui ne donne que les bonnes nouvelles du quartier … J’aime ces petites scènes inopinées qui bousculent notre quotidien. C’est d’ailleurs ce qui nous lie avec les autres Parisiens, ces personnages que nous connaissons tous.

Avez-vous un bistrot fétiche ?

J’aime énormément Le Limonaire, un lieu très chaleureux caché au fond d’une impasse, au métro Bonne Nouvelle. C’est à la fois un bar à vin familial et un bistrot à chansons. On y va pour manger et écouter des chansonniers. J’aime ce côté live et acoustique où tout le monde se parle et fait la fête. J’aime également aller aux Pères Populaires : c’est un café inclassable, où l’on croise tout aussi bien des colocataires en train de parler de leurs déboires sentimentaux, qu’un écrivain en peine d’inspiration ou un geek qui en a fait son QG. C’est dans ce type de bar que l’on comprend que c’est le patron qui donne le ton.

Quel est votre coup de cœur littéraire du moment ?

J’ai beaucoup aimé « Je vais mieux » de David Foenkinos. L’histoire d’un quarantenaire qui essaie de comprendre pourquoi il se réveille subitement avec un mal de dos terrible. Bien écrit, bien pensé, joyeux, poétique… Le livre idéal pour basculer vers la bonne humeur.

Et vos coups de cœur musicaux ?

Les chansons de Sixto Rodriguez, le chanteur inconnu que j’ai découvert dans le film « Sugar Man », The Bewitched Hands, et Open de Rhye.

S’il fallait absolument voir une exposition, ce serait laquelle ?

L’expo « Musique & Cinéma, le mariage du Siècle ? » à la Cité de la Musique, qui retrace la complicité entre un réalisateur et son compositeur lors de la réalisation d’un film culte.

Quel est votre accessoire fétiche ?

Tout simplement un livre. Je ne peux pas sortir sans ! C’est pourquoi j’ai toujours des sacs immenses ! En ce moment, je lis « Indigo » de Catherine Cusset. Autre accessoire indispensable : un petit carnet dans lequel je note toutes mes idées.

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