Ionna Vautrin : « L’élégance, c’est une classe naturelle. Tout est dans l’attitude »

Ionna Vautrin, lauréate du grand prix de la création de la ville de Paris, est une des rares femmes designer industriel en France. A l’occasion du Salon Maison & Objet, qui s’est tenu à Paris fin janvier, elle nous livre sa vision du design et de l’élégance parisienne.

Rencontres
07 février 2014
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Comment définiriez-vous votre design ?

Il se situe entre l’organique et le géométrique, avec de la fluidité, de la rondeur et une certaine familiarité, pour permettre aux gens de s’y reconnaître. Mes objets sont simples, colorés et joyeux, tout en étant assez techniques.

Pensez-vous qu’il existe un design féminin ?

Non, je dirais que c’est plus une question de personnalité que de genre. Mais il est vrai que le métier commence à se féminiser.

Comment naît une création de Ionna Vautrin ?

J’ai de nombreux carnets de recherches dans lesquels je dessine beaucoup avant de passer à la 3D et aux maquettes. Un rien m’inspire ! Ainsi l’univers marin breton m’a guidée pour dessiner la « Binic » de Foscarini, une petite lampe qui ressemble aux manches à air arpentant les ponts des bateaux. Je suis également très sensible à la statuaire : les monolithes de l’île de Pâques m’ont inspiré des sculptures lumineuses, les « Moaïs » (chez Tools Galerie), et les statuettes africaines sont à l’origine du miroir Cyclope (Ed. Moustache).

Quels sont les éléments-clés d’un intérieur réussi selon vous ?

Dépareillé, à l’image des chaises autour de ma table de cuisine. Quand tout est trop homogène, cela devient ennuyeux. D’autre part, dépouillé, avec peu d’objets : je vis dans un univers sobre et calme.

Que représente pour vous l’art de vivre parisien ?

La spontanéité et le fait de pouvoir retrouver plein de gens dans les bars et cafés. Paris permet de pouvoir profiter de la ville dans tout ce qu’elle propose en permanence.

Votre lieu préféré à Paris ?

Avec mon groupe d’amis, nous aimons beaucoup tester de nouveaux restaurants, particulièrement les bistrots gastronomiques, très nombreux dans la capitale. J’ai une prédilection pour le Xe arrondissement : j’y vis et j’y ai mon atelier depuis 8 ans. J’aime son côté village.

Comment décririez-vous la Parisienne ?

Selon moi qui ne suis pas et ne me sens pas parisienne – je suis bretonne ! -, la parisienne est une petite sauterelle, qui bouge tout le temps et qui change selon les quartiers : un peu hautaine dans le VIe, plus décontractée dans les Xe et XIXe.

Quelle est votre vision de l’élégance ?

Tout est dans l’attitude, c’est une classe naturelle. Mais elle doit être vraiment naturelle.

Votre accessoire essentiel ?

Mes lunettes de vue, indispensables pour survivre. J’aime aussi particulièrement les sacs. Je m’en suis fait tellement voler que maintenant, je vis accrochée à eux !

Avez-vous un sac fétiche ?

Mon dernier coup de cœur est un sac noir, assez classique, entre le sac féminin et la vieille mallette de médecin : il est chic et je peux y mettre plein de choses !

Quel est l’objet dont vous ne vous séparez jamais ?

Mon stylo et mon carnet.

Quelle est votre prochaine sortie culturelle ?

L’exposition « Typorama » au Musée des Arts Décoratifs*, consacrée au graphiste Philippe Apeloig (jusqu’au 30 mars).

* 107 rue de Rivoli, Paris I

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