Fabienne Legrand : « L’élégance parisienne est assez sobre, jamais « too much »

Après « Un été au Cap Ferret », l’illustratrice Fabienne Legrand revient en librairie avec un deuxième album « J’ai deux amours : mon sac et Paris » (Editions le cherche midi). Un ouvrage conçu en partenariat avec Longchamp pour fêter les vingt ans du Pliage. L’occasion, pour elle, de nous confier sa vision de la Parisienne, de la capitale et des sacs à main.

Rencontres
23 octobre 2013
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Dans votre album « J’ai deux amours : mon sac et Paris », vous croquez la Parisienne et son rapport avec son sac à main. Quel était votre objectif ?

Fabienne Legrand : Je voulais parler du rapport des femmes avec leur sac à main, mais aussi étendre le sujet à la Parisienne et en profiter pour mettre en scène Paris. A travers des lieux reconnaissables comme le Café de Flore et Beaubourg. Mon héroïne, Prune, est entourée de ses trois filles (3, 15 et 20 ans), de sa mère, de sa grand-mère, de sa meilleure amie… et de son mari, un peu dépassé au milieu de toutes ces femmes ! Je les fais évoluer dans des planches indépendantes les unes des autres, sortes d’instantanées de situations de la vie quotidienne. J’ai voulu croquer la Parisienne dans toute sa splendeur. Le sac n’est parfois qu’un accessoire. Il accompagne alors mes personnages et est spectateur d’une situation. A d’autre moment, il est le sujet central de l’histoire.

Quelle est justement votre vision de la Parisienne ?

Dans l’album, j’avais envie de traiter de la Parisienne un peu bobo, décalée par moment, qui adore la mode et sa ville, qui essaie de gérer à la fois son travail, sa passion du shopping et ses enfants. Une femme présente sur tous les fronts, mais qui peut, parfois, être déconnectée de la réalité à cause du tourbillon de la vie parisienne ! Je parle aussi de la Parisienne à travers les générations. L’une des filles de mon héroïne a 15 ans. Comme la plupart des filles de son âge, elle se rend au collège portant, en guise de cartable, un sac Pliage à bout de bras, qui pèse des tonnes ! Je voulais jouer sur les générations, montrer des comportements et des tempéraments différents.

C’est quoi, pour vous, l’élégance parisienne et l’esprit parisien ?

Il s’agit à la fois d’un comportement et d’une espèce d’élégance assez sobre, jamais « too much ». Je pense par exemple à des femmes comme Charlotte Gainsbourg qui incarne, à mes yeux, l’élégance parisienne. Il y a aussi ce côté pointu de la Parisienne, le fait de connaître les endroits un peu confidentiels où il faut aller : la bonne boulangerie, le bon café. Les bonnes petites adresses définissent l’esprit parisien.

Quel rapport avez-vous avec Paris ?

J’adore cette ville. Je l’ai découverte à 17 ans lorsque je suis venue m’y installer en tant qu’étudiante. Elle me fascine, je ne m’en lasse jamais. C’est pourquoi j’avais envie de placer mon héroïne dans ce petit écrin qu’est Paris.

Comment définiriez-vous le rapport des femmes avec leur sac à main ?

Les citadines ont un rapport particulier avec leur sac à main, un peu comme avec leurs chaussures. Avec une particularité en plus : tout ce que l’on met, pioche et perd dedans ! Le sac à main, c’est aussi la représentation de soi. Suivant sa forme, sa taille, son côté voyant ou discret, il dévoile une personnalité. On y met les choses importantes de sa vie, on le traîne avec soi. Certaines femmes sont fidèles à leur sac à main, elles n’en ont qu’un seul. D’autres en ont cinquante. Mais elles ont un point commun : aucune n’a envie d’en montrer l’intérieur! Pas un homme ne va aller fouiller dedans ! Comme si c’était une zone interdite.

Et vous, quels types de sacs préférez-vous ?

Il faut surtout qu’il soit pratique et pas trop salissant, qu’il ne me fasse pas mal au dos, que je puisse mettre tout mon barda dedans sans qu’il ne soit trop lourd pour autant. Je n’ai par exemple jamais eu de petit sac à main. Ce serait ridicule avec la taille que je fais et avec tout ce que j’y mets ! Je trimbale ma vie dedans : mes cahiers, mes stylos, un parapluie, une lampe de poche, et même un tournevis et un mètre à mesurer !

Avez-vous un sac fétiche ?

Non, plus maintenant. Il y a une époque où j’étais fan des sacs anciens des années 60, un peu vintage. J’adore les objets de collection.

Quelle est votre tenue préférée ?

Ma tenue est assez basique. J’ai plein de jeans de toutes les formes. J’aime être à l’aise. Je travaille dorénavant à la maison, et je veux pouvoir, s’il m’en prend l’envie, aller arracher des herbes dans le jardin, déplacer un pot de fleurs, sans avoir besoin de me changer. J’enfile mes santiags marron quand je vais faire des courses ou chercher les enfants. Lorsque je sors, j’adore porter de beaux vêtements.

Quels sont vos coups de cœur culturels du moment ?

J’ai été impressionnée par une expo de Ron Mueck. Ses sculptures sont tellement réalistes que cela met parfois très mal à l’aise. En tout cas, il ne laisse pas indifférent. J’irai voir l’expo Frida Kahlo et Diego Rivera à l’Orangerie, témoin d’une folle passion entre deux artistes aux fortes personnalités. J’aime d’ailleurs aller régulièrement à l’Orangerie voir et revoir encore mon peintre préféré, Chaïm Soutine. En BD, j’ai eu un coup de cœur pour le dernier album de Soledad Bravi, « La Bd de Soledad » ! C’est un condensé de ses planches parues cette année dans l’hebdomadaire « Elle ». Elle croque les femmes à merveille ! Un autre petit bijou que j’adore : le livre de Vahram Muratyan « Paris vs New York », tellement beau et bien vu.

 

Vous pouvez découvrir des extraits de ce livre sur Longchamp.com mais également sur la page Facebook de Longchamp.

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