Nathalie Vranken : « C’est cette touche de modernité qui rend le style français pérenne et inimitable »

Administratrice et épouse du PDG de Vranken-Pommery Monopole, Nathalie Vranken peaufine « Bleu », la prochaine exposition d’art d’avant-garde qui se déroule dans les magnifiques caves du Domaine Pommery. Elle est aussi l’ambassadrice alerte et joyeuse du champagne dans le monde.

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05 juillet 2014
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Pourquoi inviter des artistes à créer des œuvres uniques dans vos caves ?

Bien avant moi, en 1880, Louise Pommery a fait le choix de l’avant-garde. Elle était visionnaire. Aujourd’hui, nous restons un groupe innovant et créatif. Nous commandons des œuvres adaptées au lieu, car le taux d’humidité dans les crayères creusées 30 mètres sous le sol frôle les 90 %. Prêtez-moi un Picasso, et il sera piqué de champignons en quelques jours ! Je préfère la cathédrale de chaises cassées de Tadashi Kawamata.

Quel est le thème de la prochaine Expérience Pommery ?

Bleu. Tout simplement. Je m’attends à des aquariums, de la lumière, une soucoupe, un chandelier… Nous avons invité une quinzaine d’artistes, à l’instar de Xavier Veilhan et Laurent Grasso, qui ont travaillé sur l’interaction entre le passé et le présent. Nous attendons les premiers curieux en juillet avec l’espoir de renouveler notre score de 135 000 visiteurs en huit mois.

Quelle est votre vision du mécénat ?

C’est un moment de liberté pour l’artiste, comme pour le chef d’entreprise. Mon mari Paul-François Vranken et moi avons pour principe de ne pas établir de lien commercial entre les expositions et le champagne. A part cette réserve, aucun sujet n’est tabou. Installer les œuvres dans le labyrinthe de galeries est souvent un exploit. C’est spectaculaire. Mais rien ne nous fait peur ! Rien n’est impossible à une société qui expédie 200 millions de bouteilles par an.

Qu’avez-vous réalisé de plus fou ?

Sans hésitation, Würsa, du plasticien français Daniel Firman, une éléphante grandeur nature qui danse sur sa trompe. Cette ancienne reine du cirque est devenue une œuvre d’art en 2008. J’espère bien réaliser d’autres folies, car me répéter serait épouvantable. « N’imiter personne, y compris soi-même » est une règle d’or.

Quel votre meilleur souvenir ?

Le meilleur est toujours pour la fin, lorsque l’exposition s’achève. C’est le moment du partage, des remarques que l’on capte au hasard d’une conversation dans un restaurant…

Quand vous n’êtes pas dans les crayères du Domaine Pommery ou à Paris, où voyagez-vous ?

J’accompagne mon mari en Europe, en Amérique, au Japon, en Australie… C’est comme visiter une immense famille dispersée dans le monde. En France, on oublie que le champagne est une fête permanente. Il souligne les grands moments de la vie, Noël, le passage d’une année à l’autre.

Emportez-vous des objets fétiches ?

Mon « moumouche ». Si je voulais être chic, je dirais mon pashmina. Et aussi Heure Bleue de Guerlain, le parfum de ma mère, le seul que je tolère. Au fil des années, je n’emporte que l’essentiel dans mes bagages Longchamp, auxquels je suis fidèle. Ma théorie : un vêtement qui ne tient pas dans une valise est inutile.

Comment transmettez-vous votre vision de l’élégance française ?

J’évoque une élégance basée sur les grands savoir-faire, la gastronomie ou encore la couture. Cette tradition très forte est emprunte de modernité. C’est cette touche de modernité qui rend le style français pérenne et inimitable.

Les femmes et le champagne, une histoire plus que centenaire ?

Une histoire qui se prolonge. Au Japon, c’est grâce aux femmes que la culture et le goût du champagne se sont installés. En Chine, cette nouvelle consommation – il faut s’habituer aux bulles ! – passera aussi par l’art de la table, que maîtrisent les femmes.

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