Installation view, Pliage/Fold, Gagosian Gallery, Paris, 28 February – 19 April 2014 © Photographs by Zarko Vijatovic, courtesy Gagosian Gallery

Le pliage dans tous ses états

Plier ne se limite pas à rabattre un objet sur lui-même. Cette action peut se révéler fascinante et sans fin. Preuve s’il en fallait, l’exposition Pliage/Fold à la Gagosian Gallery explore ce processus à travers une trentaine d’œuvres toutes plus originales et intéressantes les unes que les autres.  

Découvertes
05 avril 2014
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Avant de plier bagage pour de longs week-ends prolongés ou des escapades ensoleillées, il est encore temps de visiter la Gagosian Gallery* et son exposition Pliage/Fold. Plusieurs artistes, toutes générations confondues, y sont exposés jusqu’au 19 avril. Leur point commun ? Tous ont exploré le pliage en tant que processus à la fois conceptuel et formel.

On peut ainsi y découvrir le pliage comme action, illusion ou symbole qui s’est déployé à travers l’art. A l’instar du procédé littéral du pliage de la toile de Simon Hantaï : en la trempant dans la peinture à l’huile, puis en la dépliant, il laisse apparaître des motifs aussi inattendus que lyriques. Dans l’influente méditation de Gilles Deleuze, Le Pli : Leibniz et le Baroque (1998), le monde est interprété comme une infinité de surfaces se tordant à travers le temps et l’espace. Quant à Tatiana Trouvé, elle nous propose ses récentes sculptures, Refoldings, moulées à partir de matériaux d’emballage jetés et repliés.

A chacun sa manière de plier

Car voilà, chacun ressent à sa façon et selon ses envies du moment, l’acte de plier, d’assembler, de travailler ce qu’il a sous la main. Que ce soit le papier, la toile, les matériaux d’emballage ou d’autres matières. Pour Robert Rauschenberg, l’acte de plier a ainsi permis de créer Freeway Glut, un assemblage puissant d’éléments industriels tandis que John Chamberlain a travaillé un papier froissé enduit de résine.

D’autres artistes ont également manié la matière afin de produire de nouvelles formes en trois dimensions. Sol Lewitt a, ainsi, plié un papier blanc créant un quadrillage minimaliste (Untitled, 1971). Quarante ans plus tard, Tauba Auerbach a légèrement vaporisé depuis différents angles une toile pliée, puis l’a remise à plat afin de créer une impression de lumière réfléchie indirectement (Untitled Fold Painting VII, 2009).

Le pliage comme processus artériel

Les œuvres pliées, exposées ici, sont multiples, infinies. Elles donnent envie de nous prêter aussi à ce geste que nous avons tous fait au moins une fois d’une façon ou d’une autre.

« Plier-déplier ne signifie plus simplement tendre-détendre, contacter-dilater, mais envelopper-développer, involuer-évoluer », décrypte Gilles Deleuze. Et c’est ce que l’on ressent au fil de l’exposition où le pliage est montré comme un processus artériel à travers lequel des œuvres s’adressent à elles-mêmes, littéralement ou symboliquement.

* Gagosian Gallery – 4 rue de Ponthieu 75008 Paris

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